La collection permanente

Le Musée de l’Affabuloscope, une ancienne fabrique de meubles de trois niveaux de 500m², abrite l’œuvre de Claudius de Cap Blanc. Plus de 600 œuvres à découvrir !

     Au rez-de-chaussée vous admirerez les nombreuses machines surréalistes, les judas portatifs et les splendides vélos singuliers tout en bois.

     Au premier étage (pour public averti) vous décoderez enfin les stratagèmes des médias pour nous faire avaler de l’information par tous les moyens et découvrirez par quels moyens la science a cherché à répondre aux problématiques de la reproduction humaine ainsi que les Sèche-larmes et la Cosmogonie Duale.

     Le deuxième étage vous emmène en voyage sur les traces du premier homme – qui le saviez-vous était une femme – et vous invite à découvrir les paysages des Pyrénées d’Ariège à travers les Actes Commis par cet artiste amoureux de ses montagnes. Une petite salle vidéo vous présente 7 films, réalisés par Claudius (durée totale 21 mn)

     Enfin, un coin librairie – détente où vous pourrez boire un café, déguster glaces et pâtisseries locales. Il faut compter plus d’une heure de visite pour profiter de votre venue. On peut également vous guider un peu et toutes les explications peuvent vous être données à l’accueil. La langue française se doit d’être bien comprise (à la lecture notamment) car il y a beaucoup à lire. Enjoy !

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Le Vide Affabulatoire

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Le Vide Affabulatoire c’est la matière hypothétique que les astrophysiciens appellent “énergie sombre” et qui constitue 74% de l’univers, mais reste invisible à l’observation.

Pour Claudius de Cap Blanc c’est tout ce qui n’a pas été mais qui aurait pu être s’il était donné à tous les possibles de s’exprimer conjointement en simultané, toujours et partout». Claudius de Cap Blanc consacre sa vie à l’exploration et au traitement de ce vide qu’il qualifie de “désir d’être en mal d’être accumulé”. Il  s’agit là d’accoucher le vide de l’histoire de ce qui est absent, de ce qui a oublié d’être, de ce qui a été laissé en latence, en relégation, et de le faire accéder à l’existence en lui donnant corps, mouvement et vie. «Combler les lacunes de l’histoire, tel est mon travail. Plus qu’un travail: une urgence.»

A droite une huche de conservation du vide affabulatoire capturé par l’artiste.

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machine ; musée ; affabuloscope

La salle des Machines

L’une des grandes illusions des deux siècles précédents a été de croire que la machine, les techniques, allaient libérer l’homme et le rendre maître de la nature.

Or on constate que la machine nous a libérés en proportion de ce qu’elle nous a asservis. Et qu’au lieu de nous rendre maître de quoi que ce soit elle a fait de nous des esclaves, puisqu’on est devenu complètement dépendant d’elle. Il n’y a qu’à songer à une simple panne d’électricité à neuf heures du soir et on s’aperçoit tout à coup que notre vie entière est suspendue à… à des fils ! Face à cet état de chose il était temps de réagir et d’inventer une technologie affabuliste qui se mette au service de l’esprit et du rêve.

A gauche machine à éradiquer les trois plus grands fléaux du monde, le louvoyeur et la machine à verser dans le tragique.

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La Glouto-lectographie

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Le Glouto-lectographe a pour fonction essentielle de transformer le contenu de n’importe quel livre en une substance liquide dont l’absorption par tétée permet de le “lire” en quelques secondes.

Ce dispositif répond à une nécessité de santé publique: il est avéré que l’acte de téter est le premier plaisir jouissif éprouvé par l’enfant dès sa naissance. Selon plusieurs écoles post-freudiennes, la perte de ce plaisir lors du sevrage est vécue comme un traumatisme d’où sont issues la plupart des névroses. La meilleure façon de résorber celles-ci est de pratiquer la tétée à tous les âges, passant sans interruption de la mère allaitante au glouto-lectographe. “Téter un livre, dit Boris Cyrulnik, contribue à rééquilibrer l’affectif par le sensuel en y ajoutant l’érudition”.

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Histoire de Judas

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Le premier geste d’un affabuliste, quand il s’agit de créer un univers, est d’inventer un inventeur, lui donner un nom, un visage, le situer dans le temps, et lui confier la tâche d’inventer quelque chose qui n’ait jamais été inventé.

Ainsi, Georges Planchet, une fois campé dans son existence, s’est mis à inventer le Judas portatif. Il s’agit d’un objet permettant d’épier à travers un trou ce qui se passe de l’autre côté, quel que soit le lieu où on se trouve, en toute discrétion. Cette invention a eu une énorme vogue dans la seconde moitié du XIXe siècle. Des personnages comme Flaubert, Mérimée, Maupassant,  Daudet, Hugo ne sortaient jamais sans leur judas en bandoulière.

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Les Pankous

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Bien qu’il n’y ait pas un seul ethnologue dans le monde pour attester l’existence des Pankous, ils existent. Ils existent puisque Claudius les a créés.

Pourquoi oppose-t-on le réel et l’imaginaire ? Le réel est déjà de l’imaginaire puisque notre regard le reconstruit pour nous le rendre intelligible. Et puis l’imaginaire, parfois, quand on lui donne corps et forme et couleur et odeur, est encore plus tangible que la réalité qui ne cesse de nous échapper.

Les Pankous comptaient neuf tribus d’environ deux cent membres chacune, soit un peu moins de deux mille individus en 1927, date à laquelle l’ethnie fut découverte par l’ethnologue J.-B. Pauchard. Bien qu’ayant domestiqué l’ourébie depuis longtemps les Pankous ignoraient l’agriculture et vivaient essentiellement des produits de la cueillette et de la chasse. La cause de leur disparition soudaine, une quinzaine d’années après le premier passage de J.-B. Pauchard, est directement imputable aux apports de la civilisation.

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Media-toc: Le traitement de l’information en 12 actes plus 1.

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C’est l’histoire de deux mondes interdépendants: celui de ceux qui fabriquent l’information, et celui de ceux qui la consomment.

Ceux qui la fabriquent ont avant tout le soucis de distiller un produit présenté comme indispensable et qui se vende bien, et au plus grand nombre. Non seulement l’information doit bien se vendre mais elle doit aussi rendre dépendant le consommateur, elle doit le gaver en permanence sans jamais le rassasier, tout en lui laissant croire qu’elle l’éclaire, alors qu’elle ne fait que le divertir, quand elle ne l’abrutit pas tout à fait.  Mais le vrai problème ne se situe peut-être pas à ce niveau. Qu’on soit sur-informé ou sous-informé, on est toujours mal informé. Non, le problème est de savoir comment se protéger de la grande cacophonie et de se ménager assez de silence pour la digestion. La digestion sera probablement l’un des plus grands problèmes du XXIe siècle. Entre abondance et disette.

«La vérité pure est comme l’oxygène: ça brûle». Xavier Sotillo, Un Caméléon à Paris, Perspectives, 1990.

«Ce qui importe n’est pas le vrai mais ce qui va être vu et écouté, ou, si on préfère, ce qui va donner envie de voir et d’écouter». Norbert Hachaguer, L’Appat du Grain, Presse de la Renaissance, 1989.

«Si vous leur dites la vérité, ils vont se réveiller… et ce n’est pas le meilleur service que vous puissiez rendre à la communauté». Fred Le Gall, Ombres et Lumières, Prenian (Nantes) 1977.

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Histoires de larmes

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L’histoire du sèche-larmes est l’histoire d’une désillusion.

Il y a toujours eu des gens, qu’ils soient religieux, politiques, philosophes ou psychanalystes, pour nous faire croire qu’on pouvait éradiquer le mal, trouver le bonheur, installer le paradis sur terre. C’est une manière de nier la moitié de la vie. La vie c’est autant de rire que de larmes, c’est autant de blanc que de noir, autant de bon que de mauvais. La vie, c’est une totalité. Vouloir en nier ou en éradiquer ce qui n’est pas à notre goût n’est rien d’autre qu’une amputation. C’est la bonne vieille histoire de la pièce de monnaie: si tu veux le côté pile, il faut prendre aussi le côté face. Voilà pourquoi le but du sèche-larmes, partis de bonnes et naïves intentions, était voué à l’échec. Mais il montre, en même temps, que l’homme est toujours capable de rêver, et que s’il y a un bonheur à trouver, il est dans la poursuite de ce qui est là-bas, au bout de l’horizon, ou au fond de nous, et que, peut-être, le pire serait de l’atteindre.

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La Mamosphere ou le saint des seins

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“Le paradis de la terre se trouve entre les seins d’une femme, sur le dos d’un cheval, dans les pages d’un livre.” (Proverbe arabe).

Dès l’antiquité hellénistique le souci des effets de la pesanteur sur les seins hantait déjà les esprits, même celui des hommes. On attribut à Aristote le premier système de soutien des seins, en tenant compte des lois de la physique. Il fallait, grâce à un système de poids et de poulies, exercer une traction vers le haut proportionnelle à l’attraction des seins vers le bas. Ces travaux ont été plus tard repris par Képler, en 1608, puis par Lavoisier, en 1794, et enfin par Charles Richet, en 1901, ce qui lui a valu de recevoir le Prix Nobel en 1913.

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Erectus: La technologie au service de l’erection

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Ce qui importe le plus au monde est la pénétration. Mais pour qu’il y ait pénétration il faut qu’il y ait érection.

Voilà pourquoi la plus grande peur de l’homme a toujours été de perdre sa virilité. L’absence de bandaison lui est absolument insupportable. C’est pour palier à cette déficience, qu’elle soit permanente ou passagère, qu’il a inventé l’amidonnoir.

L’amidonnoir est un outil qui fait appel à des procédés issus de la technologie pour provoquer l’érection – quand elle refuse de se manifester. Il existe des amidonnoirs depuis la plus haute antiquité. Évidemment les premiers modèles étaient très rudimentaires, mais les progrès des sciences et des techniques ont permis une sophistication qui assure l’érection même dans les cas jugés désespérés.  On trouvera dans cette exposition une trentaine de modèles d’amidonnoir couvrant toute la période de l’histoire humaine. Et on verra que l’imagination de l’homme n’a pas de limite quand l’érection est en jeu.

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L'erectosaurus : precurseur de la tetee permanente

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L’Erectosaurus femelle pond un oeuf unique qu’elle couve en le tenant serré entre ses mamelles. Période d’incubation: 33 jours.

Le petit, en sortant de l’œuf, n’est pas autonome, il reste agrippé aux mamelles de la mère et tète en pinçant légèrement le mamelon dans son bec. La caractéristique principale d’Homo Erectosaurus est que le mâle, sa vie durant,  ne cesse jamais de téter. Pendant les premières années il tète sa mère, puis quand vient la période de sevrage, vers 12 ou 13 ans, il quitte la niche parentale, prend une femelle pubère dans un groupe voisin – exogamie – et se met à la téter, non pas pour chopiner son lait mais uniquement pour s’enivrer du plaisir que ça lui procure, et sans lequel sa vie n’aurait aucun sens.

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Le Signe de la Vulve

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Ce travail sur le Signe de la vulve, commencé en 2007, se décline en trois chapitres.

Le  premier chapitre envisage le signe sous ses aspects mythiques, préhistoriques et tribaux dans la plus pure trame affabuliste.

Le deuxième chapitre, tout aussi affabulistiquement, essaie de voir comment la période moderne aurait pu s’approprier le signe, aussi bien dans l’art dit moderne que dans divers aspects historiques, légendaires ou anecdotiques.

Tandis que le troisième chapitre égrène une série d’ACTES COMMIS* qui, dans une démarche performative, mettent en scène le Signe (cette exploration-expérimentation est actuellement en cours).

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Cosmogonie duale

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Au commencement il n’y avait que des possibles qui flottaient dans le vide. Pour que les possibles deviennent possible, il fallait un prétexte de départ. Ce prétexte, c’est la matière.

Et la matière était féminine du fait qu’elle avait un ventre. Ce ventre avait la forme d’un trou noir. De ce trou noir est issu un oeuf, c’est l’oeuf du big bang d’où l’univers a surgi, et qui contient tous les possibles qui mijotaient en suspend dans l’arrière-cour. Aussi peut-on dire que l’univers est féminin. Les particules élémentaires masculines qu’il contient ne sont là que pour créer du mouvement. Le mouvement est masculin.Le temps aussi. Tandis que l’espace est féminin.La lumière aussi. C’est l’histoire de ces éléments et des événements qui ont suivi qui sont racontés dans cette scénographie.

 

Le plus étonnant n’est pas l’existence de l’univers. Ce n’est pas le fait qu’il y ait quelque chose plutôt que rien. Ce n’est pas que la vie soit apparue il y 3,5 milliards d’années sur la terre. Ce n’est pas non plus que le ciel soit plutôt bleu que rouge ou noir, ni qu’il y ait des années avec d’excellent millésimes dans bordelais. Non, ce qui est étonnant c’est qu’il y ait le masculin et le féminin.

Homme/femme : Deux êtres différents, complémentaires en même temps que dépendant l’un de l’autre, qui n’ont de cesse de s’attirer mutuellement pour s’emboiter l’un dans l’autre, comme pour retrouver une unité perdue. Cette unité perdue n’a rien à voir avec le mythe platonicien de l’androgyne: l’existence primitive d’êtres doubles, qui côté pile étaient dotés d’attributs mâles et côté face d’attributs femelles, et que Zeus, d’un coup d’épée rageur, partagea en deux dans le sens de la hauteur, faisant d’une moitié un homme et de l’autre moitié une femme. Non, la vérité est qu’à l’origine de toutes choses il n’y avait que le féminin. Le masculin n’étant qu’un avatar d’émergence tardive, issu de l’imagination et du ventre féminin. Aussi les évolutionnistes sont-ils de plus en plus nombreux à admettre que le premier homme était bel et bien une femme.

 

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Les actes commis

Les Actes Commis (ou Matriote Actes) visent à l’établissement d’une nouvelle ère, que l’artiste Claudius de Cap Blanc appelle l’Ére Vulvolithique.

Il s’agit de faire apparaître au burin et au marteau et à la peinture rouge “clitoris-en-érection” un symbole qui fait signe, une écriture qui ne ment pas, afin que quiconque la rencontre sache où il habite et d’où il vient.

Une ère qui célèbre le parfum de nard de la femme, de la mère et de la terre et qui remplit toute la maison et sans lequel nous crèverions tous comme des mouches. Plus que ça: nous ne naîtrions pas, et il n’y aurait rien, qu’un désert pire que le Sahara, que le Kalahari et le Gobi. Une zone si désolée et abiotique que même le dernier des fennecs n’en voudrait pas.

Le Vulvolithique est une vision, un parfum, un acte de Résistance et de Célébration :

Résistance à quelque chose de la mort, quelque chose de l’oubli.

Célébration de quelque chose de la vie, quelque chose de la mère, quelque chose de la terre.

De nombreuses vidéos témoignent des nombreux actes commis par l’artiste. Elles sont réalisées par l’artiste lui-même (avec l’aide parfois de complices que ce soit au jeu ou à la technique.)

Ci-dessous une sélection de quelques vidéos, de nombreuses autres sont à visionner sur le site de l’artiste www.affabuloscope.fr

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Les Vélos Singuliers

Les Vélos Singuliers de Claudius de Cap Blanc sont des merveilles de poésie et de savoir-faire en ébénisterie. L’artiste en utilisant de belles essences de bois, qu’il marie avec soin et avec un sens de la finition et du détail hors-pair, donne à ses vélos une dimension imaginaire très communicative. Qui n’a pas un jour rêvé d’avoir un vélo comme ceux-ci ? Truffés de tiroirs secrets, agrémentés de décorations faites de métal ou de cuir ce sont de magnifiques objets qui chaque fois captivent et charment les grands comme les petits visiteurs du musée.

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